Le pôle Observatoire et Sciences

 

Responsables – Natacha NIKOLIC et Estelle CROCHELET

La connaissance de la biodiversité :

L’association a pour but de mener des études d’évaluation ou de suivi d’impacts sur l’environnement réunionnais en accord avec la Loi pour la Reconquête de la Biodiversité, de la Nature et des Paysages (n° 2016-1087 du 8 août 2016).

Ce recensement des connaissances sur la biodiversité doit permettre de réaliser un état des lieux des actions à mener et à valoriser, de consolider des partenariats techniques et scientifiques, d’identifier les forces et les faiblesses du territoire et de proposer des pistes pour adapter la politique régionale.

L’association utilisera et alimentera les bases de données, supports, indicateurs et référentiels existants (taxonomiques, habitats et espèces règlementées) issus de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB), l’Observatoire National de Biodiversité (ONB), et l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN).

Un outil de veille environnementale novateur, l’ADNe :

L’association produit des inventaires de la biodiversité taxonomique à l’aide de nouvelles technologies importées à La Réunion telle que l’ADN environnemental (ADNe). Tous les organismes vivants, quelles que soient leur taille et leur écologie, laissent dans les milieux qu’ils fréquentent des traces d’ADN qui témoignent de leur présence actuelle ou passée. Cet ADN peut être libéré dans l’environnement par l’intermédiaire de fèces, d’urine, de gamètes, de mucus, de salive, de peau, et de la décomposition d’organismes morts etc. L’ADNe permet ainsi la détection d’une espèce quel que soit son stade de vie ou son sexe. Le principe de base de la technologie en ADNe est de détecter, d’amplifier et d’identifier des fragments d’ADN présents dans le milieu naturel. Cette méthode non-invasive permet une détection en aveugle de l’ensemble des espèces présentes sur le site étudié. Cet outil de veille environnementale est très performant et il permet de limiter le coût des opérations d’inventaire.

L’identification des enjeux sur la biodiversité :

Avec l’archipel des Mascareignes, La Réunion forme une unité biogéographique particulière, avec un niveau d’endémisme très important. La Réunion possède une forte composante de diversité de milieux (au moins 130 types de milieux au sens de la directive communautaire « HABITATS-FAUNE-FLORE »). Les écosystèmes de La Réunion occupent une place internationale importante puisque la zone Madagascar-Mascareignes est l’un des 25 hauts lieux de la biodiversité au plan mondial et l’un des 10 hauts lieux de la biodiversité marine. Les phénomènes évolutifs font de l’île de La Réunion un patrimoine marin, eau douce, et terrestre riche, dont la faune et la flore sont uniques mais également fragiles.

L’association a ainsi pour objectif d’identifier, mettre en valeur, et promouvoir les initiatives, les expériences et les bonnes pratiques régionales en faveur de la valorisation, de la préservation, de la restauration, et de la gestion de la biodiversité (ex. filières verte et bleue). Elle contribue à l’intégration des objectifs de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité dans les politiques publiques.

Aide et appui aux filières halieutiques :

L’association ARBRE, composée de plusieurs experts en halieutique, intervient régulièrement sur des actions diverses dans le domaine des pêcheries Françaises (expertises, échantillonnages, soutiens, formations, etc).

Elle intervient également dans le domaine de l’aquaculture continentale, activité présente depuis plus d’une cinquantaine d’années à la Réunion. Sur cette action Melthilde Sinama, s’intéresse au Tilapia, produit d’élevage le plus répandu sur l’île en aquaculture d’eau douce. Dans l’intérêt d’une production et d’une consommation locale, il est nécessaire aujourd’hui d’apporter un soutien aux fermes aquacoles de l’île en travaillant sur la mise en place de solutions qui permettent une autonomie ainsi qu’un développement de la filière. Grâce aux nouvelles techniques de biologie moléculaire, et en particulier les nouvelles techniques de séquençage, il est possible de faire un état des lieux des populations actuelles en caractérisant les souches de Tilapias (au niveau génétique, morphologique, et au niveau du microbiote symbiotique) afin de déterminer si les différents élevages présents sur l’île sont caractérisés par un appauvrissement génétique pouvant entraîner des conséquences directes ou indirectes sur l’état biologique des poissons : autrement dit, estimer si certaines populations seraient plus sensibles aux pathologies et/ou aux variations environnementales, qui sont les problématiques les plus importantes identifiées à ce jour par les aquaculteurs. Une description précise de la diversité génétique de ces espèces, la construction de nouveaux stocks de captifs reproduits en pisciculture et destinés soit au repeuplement (dans le cas de la pêche par exemple), soit à la production commerciale, la constitution d’une base de données de génotypes constituent autant de challenges qui pourraient permettre une meilleure gestion et une optimisation à long terme des souches de poissons d’élevage, en particulier le Tilapia de la Réunion.