PROJET MAEO


Avec Madagascar, les Comores et les Seychelles, l’archipel des Mascareignes constitue le principal « point chaud » de la biodiversité du bassin ouest de l’océan Indien. Cela signifie que la biodiversité de l’archipel est très importante mais que celle-ci est néanmoins menacée par les activités anthropiques. L’endémisme des îles, la biodiversité marine associée, mais aussi l’impact des activités humaines et du changement climatique font de cette zone un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité mondiale. A l’heure actuelle, le manque de connaissance de cette biodiversité limite fortement les actions mises en œuvre pour sa conservation, sa gestion et son utilisation durable.

La bonne connaissance de cette biodiversité constitue la première étape essentielle pour la mise en place de mesures de gestion et de conservation. Pourtant, au sein de l’archipel, un groupe emblématique d’espèces reste encore très peu connu : les Elasmobranches.

C’est ainsi, qu’en avril 2021, l’Observatoire des élasmobranches au sein de l’archipel des Mascareignes (MAEO) a été  créé par l’association ARBRE en collaboration avec l’Université de Maurice. Il est cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du PO INTERREG V OI et la Région Réunion. Il constitue le premier projet scientifique et éducatif sur les élasmobranches à l’échelle des Mascareignes.

Basé à La Réunion, MAEO a 5 objectifs principaux :

    1. Caractérisation des populations d’élasmobranches présentes dans l’archipel des Mascareignes
    2. Dynamique spatio-temporelle des espèces observées à l’échelle des Mascareignes
    3. Sensibiliser le grand public à la richesse et aux besoins de la conservation des écosystèmes marins
    4. Eduquer dès le plus jeune âge
    5. Participer à la gestion et conservation des espèces

 

Pour remplir ces objectifs, MAEO a mis en place un réseau éco-participatif pour référencer le plus d’observations d’élasmobranches à La Réunion, à Maurice et à Rodrigues. Ces données sont complétées par des observations « in situ » réalisées pour l’observatoire à travers le déploiement de caméras sous-marine et de plongées d’observation (UVC).

En plus de fournir des données essentielles à une meilleure gestion et conservation des espèces, le projet, en intégrant une forte part d’éco-participation, permettra de sensibiliser l’ensemble des acteurs des milieux marins et côtiers à l’importance de la biodiversité marine et l’atout régional qu’elle constitue.

1) Caractérisation des populations d’élasmobranches présentes dans l’archipel des Mascareignes :

Quelles sont les espèces observées ? Quels sont les caractéristiques morphologiques externes des individus (taille, sex-ratio, stade de maturité)?

2) Dynamique spatio-temporelle des espèces observées à l’échelle des Mascareignes :

Pour chaque espèce, il s’agira de déterminer où et quand elles sont le plus souvent observées.
Existe-t-il des zones préférentielles ? Des variations saisonnières ?

3) Sensibiliser le grand public à la richesse et aux besoins de la conservation des écosystèmes marins :

En intégrant les professionnels et usagers de la mer (plongeurs, pêcheurs, apnéistes, loueurs de bateau) à la récolte des données, l’objectif est de les sensibiliser à l’importance de conserver les écosystèmes marins en bonne santé, de les aider à mieux appréhender le milieu dans lequel ils travaillent ou encore de les guider vers une attitude éco-responsable dans leurs activités de loisirs.

Le suivi du projet à travers un site web et des échanges réguliers avec les éco-participants (via des réunions d’informations) vise également à leur donner une meilleure compréhension du rôle de leur contribution aux études scientifiques.

L’autre avantage du réseau éco-participatif est de mobiliser un grand nombre d’observateurs sur l’ensemble de l’archipel et sur le long terme. Ainsi, il sera possible d’acquérir un grand nombre de données sur des espèces difficilement observables.

4) Eduquer dès le plus jeune âge :

L’objectif est de diffuser les connaissances au plus grand nombre et ce dès le plus jeune âge. L’éducation des plus jeunes sur la richesse des écosystèmes marins de l’archipel, et la nécessité de les protéger, se fera à travers des interventions en milieux scolaire et périscolaire (écoles, collèges, lycées).

5) Gestion et conservation :

Les données analysées seront mises à disposition dans la plateforme SINP de la Réunion (BORBONICA) et des organismes de gestion et de conservation (IUCN, FAO, Europe, DEAL, France) pour qu’elles contribuent à la mise en place de mesures de gestion et de conservation des espèces. L’objectif est de fournir les données manquantes et mises à jour sur les élasmobranches permettant de mieux définir leur statut de conservation, d’établir un suivi sur
le long terme ainsi que de mettre en place si nécessaire des mesures de préservation.

 

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